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Type d'animation

Type d'animation Zoom sur Type d'animation


Quelles sont les techniques d'animation possible d'un atelier d’ergothérapie?

Quels sont les intérêts respectifs d'une animation directive et non directive?

Quels seront les effets du choix de l'animation? Que peut apporter une co-animation?

Est-il possible de proposer des temps d'alternance entre directivité et non-directivité?

Quel lien y a t'il entre éducation thérapeutique et coopération?



Animation directive


Lorsque l’ergothérapeute donne des conseils techniques, des indications de réalisations, fixe des étapes chronologiques à réaliser, il est possible de parler d’animation directive. Cela peut se faire dès l’accueil du patient, si c’est l’ergothérapeute qui décide du choix de telle ou telle activité en fonction d’objectifs qu’il ou elle s’est fixé. Ce type d’animation peut se retrouver également lors des techniques de groupe au cours desquelles il est possible d’enseigner une technique nouvelle dans une visée pédagogique et de découverte, de proposer un thème à réaliser, une consigne à suivre, etc….

Ce type d’animation a l’avantage de rassurer le patient, permet de le guider, d’essayer de lui proposer des étapes d’évolution, de cibler une intervention selon notre intention thérapeutique. Il a l’inconvénient de situer le patient comme passif, dépendant du ou de la thérapeute, retrouvant là une situation dont il est coutumier : être l’objet de soins. Très souvent les patients se situent spontanément dans un mode relationnel de ce type, attendant beaucoup des thérapeutes et en particulier des médicaments.

Les autres formes de soins comme les entretiens psychothérapiques ou les entretiens d’aide infirmiers, peuvent être ressentis comme des temps de soulagement, de thérapie, des lieux d'écoute. Les thérapies utilisant l'activité, elles, sont souvent ressenties comme une occupation possible du vide des journées. L'utilisation d'une animation directive prolonge donc un mode relationnel connu et attendu par les patients. Il est à employer, de préférence, pour des sujets psychotiques, des personnes dépressives graves ou mélancoliques, des personnes âgées, ou des personnes névrotiques en utilisant des consignes ou des thèmes plutôt que des apprentissages techniques, surtout si l'on souhaite proposer de l'expression.

Les mots choisis seront très importants et à bien peser. Le plus souvent c'est à travers le choix des mots qu'un message inconscient et métaphorique est transmis au patient. Annoncer à un patient que l'on "souhaite lui faire faire telle ou telle chose" , ou "l'inviter" à le faire, lui "proposer" ne sont pas porteurs des mêmes messages subliminaux. Nous sommes là plutôt dans le domaine de l'activité. (voir activité ou médiation)


Animation non-directive

Ce type d’animation consiste en l’élaboration d’un espace thérapeutique à l’intérieur duquel le sujet évoluera à son rythme et à sa manière, avec le moins d’intervention possible du ou de la thérapeute. Ce type d’intervention thérapeutique place d’emblée le sujet en position d’action et souligne que l’ergothérapeute fait confiance aux capacités évolutives du sujet. Cela le place comme doublement acteur, actif dans le fait de créer et dans le fait de choisir seul(e). Nous serons donc là plutôt dans le domaine d'une médiation thérapeutique et d'une intention de laisser se développer les processus thérapeutiques. (voir médiations expressives )

Les techniques employées doivent être simples et ne pas nécessiter d’apprentissage technique complexe. Il s'agit, le plus souvent, de médiations expressives, dégagées des contraintes d'apprentissage technique. Le cadre spatial vient favoriser cette action par des rangements appropriés, une mise en évidence cohérente des matériaux, une disposition étudiée. Ce type d’intervention thérapeutique peut être utilisé plus particulièrement avec des sujets névrotiques, dépressifs, anorexiques, états limites. Les sujets psychotiques relèveront plus difficilement d’une telle démarche, à moins d’y prévoir des temps plus directifs ou des rituels de début et de fin de séance.

La non directivité est intéressante à employer lors de thérapies suffisamment longues pour que le sujet ait véritablement le temps d'expérimenter ses propres capacités à se réparer. Sinon, cela peut rester un sentiment désagréable pour le sujet, placé en position d'autonomie de façon prématurée. L'angoisse de la feuille blanche, l'angoisse de morcellement, le sentiment d'incapacité, le sentiment de dévalorisation en sont les risques et mettront des limites à ce type d'intervention. Certes, l'utilisation d'un certain seuil de stress ou de frustration peut placer le sujet en situation d'exprimer des sentiments, mais s'ils sont vécus comme provoqués volontairement par la situation thérapeutique proposée par l'ergothérapeute, ils peuvent alors, générer des blocages et des résistances. Ils peuvent aussi devenir des moments d'expérimentation possible de situations frustrantes (absence de gomme), difficile (absence de modèle sur lequel s'appuyer), angoissante (absence de technique connue). Ces situations, vécues alors en présence d'un thérapeute, peuvent être parlées, élaborées et devenir des moments d'expériences.


Animation "mixte"


Entre ces deux types d’intervention se situe toute une palette médiane possible. Il est possible d’envisager des temps de directivité et de non-directivité dans le temps d’une même séance, ou d’alterner des séances directives et non-directives, ou d’alterner ces types d’intervention en fonction des besoins d’un patient en particulier.

  • Une alternance au sein d’une même séance favorisera la découverte de temps de séparation et de deuil de la situation de groupe ou de directivité. Cela permettra le vécu de telles situations dans un cadre thérapeutique et leur éventuelle discussion avec un ou une thérapeute.
  • Une alternance d’une séance à l’autre favorisera la découverte de situations directives et non directives, de groupe et individuelles, et ainsi une diversité, une richesse de possibilités relationnelles variées.
  • Une alternance de temps directif et non directif par rapport à un sujet donné, favorisera l’adaptation du traitement au plus près des besoins du patient. Si cela se fait dans un atelier avec d’autres personnes, cela n’est pas incompatible dans la mesure où il est possible de reformuler que chaque individu a des besoins différents. Cette adaptabilité du ou de la thérapeute pourra être source d’identifications possibles du patient mais risque, parfois, d'être source de confusion pour les personnes psychotiques.
  • La directivité peut parfois s'inviter  aussi dans l'utilisation d'une consigne thérapeutique au sein d'un atelier d'expression médiatisée où l'animation est plus souvent non directive. Cette transmission des consignes nécessite une réflexion: faut-il transmettre tout ou partie de la consigne? A quel moment? Il est important que le patient se sente entouré et ne soit pas responsable du cadre temporel s'il y a une limite de temps, par exemple. Même lors d'une animation directive, il est possible de trouver des consignes permettant des choix et une expression personnels. L'animation de thérapies de groupe est nécessaire à expérimenter avant de l'utiliser en thérapie.


Co-animation

Elle peut permettre à deux thérapeutes d'origine différente (infirmiers, psychologues, médecins,etc...) d'enrichir mutuellement leurs pratiques et d'offrir aux patients, deux visions différentes et complémentaires. La co-animation nécessite la présence durant toute la séance des deux thérapeutes. Dans certains cas (groupe de thérapie) l'atelier ne devrait pas avoir lieu hors de la présence des deux thérapeutes, ce qui n'est pas toujours possible.

Lorsque ce sont deux ergothérapeutes qui co-animent, il peut se révéler important de bien distinguer les rôles: l'un(e) anime du dedans en participant et l'autre est garant du cadre, des limites, du temps, de la loi; l'un(e) anime et l'autre écrit le texte de la création collective; l'un(e) anime et l'autre observe etc....Ceci peut changer d'une séance à l'autre, ou pas selon les orientations choisies.

Deux thérapeutes qui animent reçoivent les projections généralement parentales des personnes, sans que cela se réfère forcément au sexe réel du ou de la thérapeute. Celui ou celle qui anime du dedans, porte, enveloppe, contient peut être vécu(e) du côté du maternel, celui ou celle qui pose la parole, frustre, limite, sépare peut être vécu(e) du côté du paternel. Il est également possible que les projections s'adressent à des parents fantasmatiquement combinés, alliant les deux.



Animation de type éducation thérapeutique ou coopérative

Définition de l'HAS: L’éducation thérapeutique du patient (ETP) vise à aider les patients à gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique. Elle est un processus continu, qui fait partie intégrante et de façon permanente de la prise en charge du patient. La loi « Hôpital, patients, santé et territoires » a confié à la HAS une mission d’évaluation des programmes d’ETP. Plusieurs dispositifs développés par la HAS permettent d’améliorer la qualité de l’éducation thérapeutique. (voir site de l'HAS).

Ce type d'animation s'appuie sur le fait d'aider les personnes à accéder à leurs propres ressources, à devenir active dans leur processus de soins, à augmenter leur prise de conscience et leurs connaissances (empowerment). Il s'agit donc de construire des protocoles pour favoriser des discussions, des interactions entre des personnes dites "ressources" ou "patients experts", pour que des échanges de savoir puissent avoir lieu entre les différentes personnes, porteuses d'une même pathologie. Ce type de travail peut aussi porter le nom de psycho-éducation. Il est souvent utilisé pour améliorer l'observance du traitement ou permettre de repérer des signes de rechute. Pour travailler dans un service proposant un véritable programme d'ETP, il est donc nécessaire d'avoir une formation dans ce domaine. Un tel travail, centré sur la maladie, les symptômes ou les traitements, n'est sans doute pas, une spécificité des ergothérapeutes et ce sont plutôt les psychologues, médecins ou infirmiers qui sont les mieux placés dans ces domaines cliniques.

Il reste possible de s'inspirer de cet état d'esprit, consistant à favoriser des échanges de savoir entre patients, autour de domaines divers, à condition de ne pas (trop) nous placer nous-même, en tant qu'experts. C'est la personne en souffrance qui a un savoir sur ce qui lui arrive et de notre côté, nous connaissons des outils qui peuvent lui être utiles. La part des outils ludiques est importante dans le cadre de ce type d'animation. Ainsi, les jeux de coopération qui fleurissent de plus en plus, tant dans le domaine du social que du thérapeutique, sont des pistes intéressantes pour nous permettre d’accompagner nos patients dans de telles voies. Il est aussi possible, de co-construire des outils avec les personnes en souffrance, pour leur permettre de retrouver des capacités "d'agir" sur ce qui leur arrive, c'est à dire de refaire un lien entre être (en souffrance) et en faire quelque chose de différent, dans une résilience retrouvée. (voir une expérience de co-construction d'un outil avec une jeune patiente et aussi, "l'agir: entre être et faire" dans les processus thérapeutiques)




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