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Normalité


La question de la normalité nous intéresse et nous interpelle tous et toutes. Qui ne s'est pas posé, un jour, la question de sa propre normalité, en termes de pensées, émotions, sentiments, fantasmes? Sous-jacente à ces questions est la préoccupation de ne pas être "catalogué" fou ou folle. Nos patients en témoignent bien souvent lorsqu'ils annoncent qu'être hospitalisé en "psy" c'est être chez les fous, les zinzins, les bizarres. Être normal, être dans la norme semble donc être désirable. mais cela peut aussi être considéré sous l'angle d'une médiocrité et d'une banalité extrême de l'esprit humain. Le constat "fou hier et génie aujourd'hui" nous rappelle que cette norme est mouvante en fonction des époques et des sociétés. La norme pose aussi la question de la transgression, car c'est bien souvent grâce à cette dernière que l'humanité progresse. Copernic a tout de même été déclaré anormal! Ce sont bien souvent, les artistes libertaires qui permettent à des sociétés trop rigides et dogmatiques de changer, car ils supportent une plus grande liberté que la plupart des autres personnes.


Définitions

La définition de la normalité est complexe et multiple en raison de la subjectivité humaine. Elle est question de quantité (statistique) et de qualité. Les différentes définitions sont complémentaires entre elles. La normalité n'existe pas en soi et ne peut être définie que par rapport à un référent, lui-même variable selon divers critères:
  • Sur un plan statistique et quantitatif c'est ne pas trop s'écarter de la orme définie dans les marges acceptables de variation de la population. Dans ce cas, les comportements majoritaires sont considérés comme normaux et les comportements minoritaires comme anormaux. Mais dans ce cas, doit-on forcer la minorité à entrer dans le rang?En médecine somatique, les notions mathématiques peuvent avoir leur place dans les symptômes, en psychiatrie, il n'en est pas de même.
  • Sur le plan culturel d'autres différences vont apparaitre. Dans notre société, la réussite s'accompagne souvent de personnalités dites fortes, exigeantes, alors que dans des sociétés ayant des valeurs plus altruistes et collectives, elles seraient considérées comme égotiques, rigides, voir anormales. La " norme " n'est que la convention d'un groupe social en un lieu donné, à un moment donné. A d'autres époques, certains comportements actuellement considérés comme normaux, auraient fait crier au scandale.
  • La normalité peut être vue comme une capacité d'adaptation à un environnement, lorsque la personne peut réagir de manière autonome et adaptée face aux différentes situations de la vie. Nous retrouvons là, la notion de norme concernant les adaptations jugées comme normales ou pas. Dans ce cas, une personne anormale ou malade, sera considérée comme ne pouvant pas réagir de façon adaptée aux normes sociales en vigueur. Cette personne aura du mal à gérer des situations de la vie quotidienne.
  • Sur un plan fonctionnel et personnel, la normalité ne se compare plus aux autres, mais aux comportements que la personne juge par elle-même anormaux. Cette définition pose immédiatement la question de la perception de la réalité par les personnes psychotiques.  Mais que dire dans ce cas, des poètes, des créateurs, des artistes, des penseurs et même des révolutionnaires?



En psychologie

Il est possible de dire qu'avant Freud les gens étaient considérés comme normaux ou malades mentaux. Mais entre ces deux opposés qui semblaient bien séparés et distingués, qu'en est-il de nos jours de la normalité? Freud a mis à mal les certitudes des "biens portants" en mettant en évidence que les personnes saines et sujets névrosés avaient en commun une chose: leur personnalité s'organise autour du complexe d'Oedipe. Pour les autres personnes (psychotiques, état-limites), l'½dipe n'est pas organisateur. Il nous a donc mis en face du fait que pour bon nombre d'entre nous, notre organisation psychique subit des étapes mais aussi des ratés et que tout n'était pas si rose que nous ne devions pas refouler quelques détails

Les différentes étapes de l’évolution psychique sont communes à tous et à toutes. Ce sont les avatars, les arrêts, les distorsions de cette évolution qui vont nous permettre de distinguer des personnalités normales ou pathologiques. Ces dernières auront le même type de mécanismes de défense que les personnalités normales, mais ils seront plus rigides, moins riches. Des traits de caractère pathologiques envahissent tout le champ relationnel et ne permettent plus une souplesse d’adaptation.

Le paradoxe n'est pas moindre qu consiste à avoir bien du mal à définir la normalité de façon simple ou universelle  et pourtant de tenter quand même de rendre les gens plus normaux, du moins si l'on considère la demande sociétale face aux personnes jugées différentes. Car il s'agit bien de cela: doit-on rendre les gens plus normaux, au sens de l'intégration dans une norme socialement reconnue par la majorité ou bien devrait-on aider les personnes à être elles-même, au risque d'un léger dérangement de la norme commune? Cette frontière entre normalité et folie, dont nous aimerions bien parfois, qu'elle soit clairement définie et distinguée, ne se lasse pas d'onduler sous les yeux inquiets des "normaux". Souvent il est préférable de parler de souffrance.

Une personne est considérée comme normale, si elle parvient à s'arranger avec ses problèmes psychiques profonds, à s'adapter au monde extérieur et aux autres et à tirer plaisir de sa vie. C'est à dire que cette personne a suffisamment de fixations conflictuelles pour être aussi malade que d'autres, mais que, par exemple, elle n'a pas rencontrées de difficultés extérieures ou intérieures supérieures à ses possibilités d'adaptation. Le fait d'être bien portant est donc un critère hautement subjectif selon les normes de chacun et de la société.


Bibliographie : Abrégé de psycho-pathologie (Masson) de J.Bergeret et collaborateurs.





Cet article est une "digestion" personnelle de concepts psycho-dynamiques,
eux-même issus de publications, de livres, d'articles, de lectures diverses.
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