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Mélanie Klein

Mélanie Klein Zoom sur Mélanie Klein


Les théories de M.Klein, en ergothérapie, peuvent nous aider à comprendre la notion de formation de l'objet interne, de façon très fine et approfondie. Ces théories demeurent assez complexes, parfois controversées par le fait que certains auteurs s'interrogent sur la possibilité réelle de repérer de tels mouvements entre mère et enfant, et de tels mouvements intra-psychiques chez le bébé.

Ses théories sont moins directement applicables que les théories de Winnicott ou Freud mais peuvent offrir des pistes de réflexion, en particulier dans la compréhension des psychoses et des personnalités états-limites. Elle est souvent plus facile en s’appuyant sur les théories des Kleinien et de Bion, théories qui sont du côté de la mère et de l'archaïque.



Mélanie Klein se distingue de Freud au sens où elle ne décrit pas une période de satisfaction sans faille entre la mère et l'enfant, avant la triangulation du père, mais comme une symbiose troublante où des vécus persécutifs et des angoisses peuvent déboucher sur des pathologies. Elle développe ainsi la notion d'un ¼dipe archaïque. Le fonctionnement psychique de la phase schizo-paranoïde est présent chez le nourrisson, mais selon elle il demeure influent par la suite. Mélanie Klein et son école de pensée se distinguent de Freud au sens où pour eux, c'est l'influence de l'archaïque qui est prévalent, plus que le complexe d’½dipe qui privilégie, lui le père, avec un avant et un après.

Mélanie Klein parle d'identification projective.
Cette identification est décrite par les Kleiniens comme mettant en jeu un mécanisme de défense contre des expériences précoces vécues qui se traduisent par une angoisse du monde interne et de ses objets internes. Il s'agit pour le Moi de protéger les "bons objets internes" des "mauvais objets internes". Cette situation prépare la phase de la position dépressive. Selon M. Klein, le monde interne du bébé au cours des douze premiers mois se constituerait en deux temps: la position paranoïde-schizoïde et la position dépressive. L'introjection semble donc plus reliée à la phase dépressive et la projection, plus prégnante dans la phase schizo-paranoide.(voir  mécanismes de défense chez Freud avec les notions de projection et d'introjection ).

Elle a beaucoup insisté sur la notion de la formation de l'objet interne, au cours de la première année de la vie. Lors de la tétée, l'enfant n'absorbe pas que du lait, mais tout un ensemble d'émotions, de sentiments, de sensations transmises par la personne maternante. C'est cet ensemble qui va se constituer en un objet interne. "L’enfant qui se trouvait à l’intérieur de la mère, dit-elle, place maintenant la mère à l’intérieur de lui" (1957). Il y a donc une intériorisation des relations extérieures, qui deviennent des relations entre des éléments psychiques internes. C'est la notion d'introjection. La mère, bon objet externe, va permettre à l'enfant, par un jeu d'expériences d'intégrer en lui un bon objet interne (imagos maternelle, puis parentales).

En ergothérapie, c'est la notion de constitution de l'objet interne à partir des objets externes (au sens de la matière, des relations, des expériences) qui vont nous intéresser, pour comprendre comment les activités vont avoir un effet de transformation dans le psychisme de la personne, par le processus de l'introjection.


Identification projective

L’identification projective désigne le fait de projeter sur un objet des caractéristiques du soi pour s'y reconnaître. Cette notion a été introduite par Mélanie Klein en 1946 dans le cadre de la relation mère enfant. Dans son imaginaire l’enfant garde en lui ce qui est bon et projette sur l’image maternelle ce qui est ressenti comme mauvais (position paranoïde-schizoïde). Une seconde étape consiste alors à s’identifier à ce qui a été projeté. Dans un cadre normal l’identification projective consiste à pouvoir réintégrer en soi ce qui avait été projeté au dehors et au passage (la destructivité, les pulsions destructrices, la haine) qui a pu être désintoxiqué par la mère et qui redevient intégrable en soi.

La description de cette identification projective permet donc à Mélanie Klein de relier les deux phénomènes : identification et projection.
Dans le cadre de l’évolution de l’enfant, il s’agit d’un passage obligé et normal
, provisoire, pour permettre la mise en place de la psyché. Ainsi décrit-elle comment les mécanismes de projection et d’introjection se déroulent relativement à l’objet primaire. « Il s'agit de décrire le monde fantasmatique de l'enfant (son imaginaire), sur la valeur structurante de l'image maternelle. »

Wilfred Bion distingue clairement cette identification projective normale d'une identification projective pathologique. L'identification projective peut devenir un mécanisme de défense pathologique qui consiste à prendre possession de l’objet, l’autre, dans une tentative de contrôle et d'annihilation de cet objet. Les caractéristiques propres de l’autre sont alors niées. La personne projette sur autrui un contenu mental perturbant et tente de contrôler l’autre par ce contenu projeté. L'identification projective devient pathologique si elle n'est plus transitoire mais un moyen de déni de la réalité. Le transfert psychotique peut être analysé à la lueur de ce concept. L’autre devient un réservoir de projections en fonction de ce que la personne psychotique a besoin d’en percevoir, sans pouvoir reconnaitre qu'il s'agit de sa propre destructivité.



Position schizo-paranoïde

La première période – les six premiers mois – est caractérisée par la "position schizo-paranoide". A cette période, l'enfant n'a que des mécanismes de défenses très primitifs: clivage en deux objets partiels, (le bon et le mauvais, l'aimé et le dangereux), projection, introjection de parties clivées de l'objet. La position schizo-paranoide met en jeu plus particulièrement la dimension de la projection.

Mélanie Klein postule que l'enfant a des pulsions destructrices car le sein, qu'il voudrait inépuisable et qu'il imagine omnipotent, fait défaut à certains moments, lors des absences de la mère, par exemple. Ces pulsions destructrices sont projetées à l'extérieur et l'objet extérieur est alors, vécu comme mauvais, négatif, totalement noir. C'est le clivage en bon et mauvais objet. L'enfant n'a pas atteint un stade de maturation psychique lui permettant d'intégrer des aspects positifs et négatifs dans le même objet. C'est ou tout noir ou tout blanc.

M.Klein pense qu'alors ces pulsions de destruction projetées se retournent en angoisse paranoïde de persécution: L'enfant projette ses pulsions de haine et de destruction, croit avoir détruit la mère et ressent une angoisse massive de destruction de lui-même potentielle. Le mauvais, projeté ainsi au dehors, il peut se produire, au dedans, un sentiment de vide intérieur ou de morcellement. Si l'enfant ne peut pas dépasser ce stade, cela inhibe la formation des symboles et de la pensée verbale. Le sujet reste dans des vécus d'ordre sensorimoteur et sensoriel très archaïques, des vécus biologiques non reliés, dispersés et surtout, ne permettant pas un tri nécessaire.

A ce stade, c'est la paranoïa et la schizophrénie qui pourraient prendre racine dans de tels processus de projection du mauvais au dehors. Dans la schizophrénie, cela revient sous la forme de délire et d'hallucinations, dans la paranoïa, sous la forme d'un persécuteur extérieur. Ce clivage en bon et mauvais objet s'intériorise et l'on peut parler alors, de clivage du moi.



Position dépressive

C'est alors que la deuxième phase apparaît, la position dépressive. Au fur et à mesure du développement psychique, l'enfant commence à mieux comprendre et différencier la réalité extérieure et à lui faire confiance, si cet extérieur maternant est de qualité. L'enfant découvre en effet, que toute absence est suivie d'un retour, et on imagine aisément que si ce retour n'a pas lieu, la pathologie s'installera. L'ambivalence, oscillant entre amour et haine, peut alors être progressivement intégrée. Une synthèse entre le positif et le négatif, le noir et le blanc, peut apparaître.

L'enfant prend alors conscience de ses pulsions destructrices, ressent une culpabilité et cherche à protéger les objets d'amour. C'est dans cette seconde phase, selon M.Klein que s’enracine le désir de réparation, réparation de l'objet d'amour qui devient le prototype du désir de réparation au sens plus large. Les personnes qui atteignent cette étape de synthèse, de possible reconnaissance de parties négatives, dans l'objet d'amour, et également en soi, peuvent être considérées comme névrotiques, normales. C'est l'intégration de l'ambivalence.

Pour les personnalités état-limites, c'est justement cette possible intégration en soi de bon et de mauvais aspects qui pose problème, d'où un idéal du moi surdimensionné et une impossibilité à accepter en soi-même, de mauvais aspects. C'est le clivage de l'objet, en bon et mauvais objet, un clivage qui ne va pas cette fois, jusqu'au clivage du moi. Ce clivage est aussi, souvent, projeté sur une personne extérieure, qui sera vécue comme toute bonne ou toute mauvaise. Les thérapeutes en font souvent l'expérience parfois désagréable...


Pour Mélanie Klein, cette étape dépressive, basée sur le sentiment de perte issu du sevrage, est le prototype de tous les deuils ultérieurs, qu'ils concernent de petites pertes ou de plus grands deuils. La perte de l'objet aimé va réactiver cette perte initiale.

  • Freud explique comment la personne endeuillée va devoir récupérer en elle l'objet perdu, c'est à dire intégrer en soi le souvenir de la personne en tant qu'objet d'amour idéalisé. La libido, qui était liée à la personne perdue, peut alors revenir dans le sujet endeuillé. Cette libido, libérée de la personne perdue, pourra, ensuite, se ré-investir dans d'autres objets d'amour extérieur ou dans d'autres intérêts.
  • La position de Mélanie Klein ajoute à cela, le fait que la personne va devoir aussi ré-installer en elle, dans son espace psychique, ses bons objets internes (parents aimants). En effet, la douleur de la perte ressentie est, selon elle, "accrue par des fantasmes inconscients selon lesquels les "bons" objets internes sont perdus eux-aussi. La personne endeuillée sent que ses "mauvais" objets internes prédominent et que son monde intérieur est en danger d'éclatement." (Le travail de deuil, Martine Lussier, p 156). Chaque fois que nous éprouvons une séparation, un deuil, il y a comme un retour à cette première position dépressive du bébé, et avec elle reviennent les angoisses persécutives, les sentiments de culpabilité, la sensation de perte initiale.




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