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Expériences identitaires

Expériences identitaires Zoom sur Expériences identitaires



Les activités vont permettre aux patients de faire des expériences identitaires particulières et signifiantes. Nous pouvons avoir une petite idée autour de certaines expériences universelles ou que nous avons ressenti nous-mêmes, mais la signification sera toujours individuelle et propre à chaque individu.
Ces expériences identitaires se font toujours dans la relation à l'autre, oscillant entre distinction et identification.






Nous ne pouvons que créer des occasions, des cadres, des situations permettant potentiellement à la personne de vivre des expériences identitaires et relationnelles, variées et significatives, en tout cas celles qui leur seront accessibles, nécessaires, possibles. L'activité va permettre à la personne de (re)-construire un sentiment d'identité plus fiable, à travers la notion de permanence et de continuité de la matière et de l'objet.La distinction du moi et du non moi sera un processus fondamental à comprendre pour tenter d'entrer en relation avec des personnes psychotiques. Cette distinction entre soi et la matière, entre soi et l'objet favorisera cette distinction. Le sentiment d'identité personnelle pourra être étayé par les possibilités d’expériences diverses, par les possibilités de choix qui peuvent s'exercer, par le sentiment de pouvoir agir, de se sentir représenté par un objet-miroir ou par une création qui prend sens dans une histoire. Le renforcement narcissique et du sentiment de valeur sont aussi des expériences riches en sentiment d'identité personnelle.

Ces expériences sont indissociables des expériences relationnelles, même si elles ont été traitées de façon séparée pour tenter de distinguer les choses. (voir expériences relationnelles)



La distinction moi et non moi 

La médiation est apportée, dans un premier temps, par l’ergothérapeute. C’est le matériau et/ou un apprentissage technique, et pour finir, l’objet. Le choix de son utilisation revient parfois au thérapeute, le plus souvent au patient. Il est possible d’en proposer une seule ou plusieurs. La médiation vient inscrire la possibilité de faire des expériences de type distinction moi et non-moi.(Voir distinction du moi et du non moi chez Winnicott).

Une personne psychotique est susceptible de se confondre avec le matériau qui lui est présenté. En effet, ces personnes ne considérant pas la réalité à comme quelque chose d'extérieur à eux, ils peuvent tout aussi bien se confondre avec le matériau, les autres personnes, ou l'ergothérapeute, comme ils peuvent tout aussi bien ne plus reconnaître une production comme leur appartenant. Par exemple, des personnes peuvent collectionner des papiers jetés ou découpés comme pour se rassurer, récupérer des objets détruits ou jetés à la poubelle, ne pas supporter une destruction, une perte, une séparation d'avec l'objet comme s'ils risquaient de se perdre ou se détruire eux-mêmes, vérifier souvent la présence de leurs objets, etc

C'est la répétition de situations diverses et variées, et verbalisées , reliées entre elles, qui vont permettre l'intégration progressive de situations plus claires d'une distinction possible entre ce qui appartient au moi et ce qui n’est pas du moi. Cette dimension de distinction du moi et du non moi est donc essentielle pour les personnes psychotiques.


Les questions à se poser:

  • l'activité permet-elle facilement de se distinguer de la matière?
  • Y'a t'il des moment, des situations, des actions qui favorisent une confusion ou une distance?
  • Les outils permettent-ils une mise à distance?
  • L'objet permet-il une appropriation personnelle ou doit-il être similaire à un modèle?


La permanence de l'objet: la continuité

Les expériences de distinction entre moi et non moi sont indissociables de l'expérience de la permanence de l'objet, (notion proposée par J.Piaget dans les années 1940) c'est à dire l'expérience progressive que fait l'enfant pour stabiliser le sentiment du monde autour de lui. Les conclusions de Piaget reposent sur une très large somme d'observations et de données expérimentales. Celles-ci viennent décrire stade après stade cette genèse de la permanence de l'objet au sein d'un monde relativement stable. De cette émergence progressive d'un monde vont se différencier réalité objective et réalité subjective, le sujet se comprenant finalement comme objet possible parmi d'autres. C'est donc l'une des expériences identitaires importante et significative, surtout pour les personnes psychotiques. Elle est, en effet, l'expérience qui permet à la personne d'éprouver un sentiment de continuité de cet objet dont nous pouvons espérer que, par une glissade métaphorique, il pourra renforcer le sentiment de continuité identitaire de la personne elle-même.

    Aspect cognitif
La notion de permanence de l’objet est due à Piaget qui a montré comment le nourrisson devait stabiliser un univers pratique (sensori-moteur) cohérent le plus rapidement possible. Pour Piaget il s'agit d'un passage de stades en stade sensorimoteurs qui permettrait cela. Dont procéderait alors, les notions de conservation (forme, grandeur, nombre, etc…), d'invariant ( classe, ordre, série, groupement et groupe, etc..), les structures de l'espace et du temps et la causalité. Les stades sensorimoteurs de Piaget peuvent se mettre en parallèle avec les stades Freudiens. Piaget, lui, s'est surtout centré sur la dimension cognitive de cette acquisition, c'est à dire sur la construction progressive de l'intelligence.

     Aspect affectif 
La dimension cognitive fait écho à la dimension plus affective celle là, de permanence du premier objet d'amour de l'enfant, sa mère. Cette dimension de permanence de la mère est acquise progressivement dans l’enfance et permet à l’enfant de supporter l’absence de la mère. Petit à petit il intègre que même hors de sa vue elle reste vivante et revient. L'objet qui reste dans l'atelier et qui sera retrouvé intact à la séance suivante, devient ainsi un symbole d'une existence dans la continuité, mais à condition que cet objet soit investi affectivement. Sinon, cet acte de conserver l'objet dans l'atelier peut sembler vide de sens ou symbolique uniquement pour l'ergothérapeute.


La continuité peut trouver d'autres voies d'expérimentation:

  • présence d'un(e) ergothérapeute identique
  • utilisation d'un seul matériau ou d'une seule technique
  • soutenir un projet d'une séance à l'autre ou durant la même séance
  • apprentissage d'une technique favorisant une continuité d'une fois sur l'autre
  • ré utilisation d'une technique dans une situation un peu différente


Identification

La notion de sentiment d'identité est fondamentale. Permettre à un patient de retrouver un sentiment d'identité personnelle fait partie des processus les plus importants de notre thérapie. (voir processus thérapeutique autour du sentiment d'existence). Notre identité se construit toujours dans une relation à l'autre, parent, éducateurs, amis, famille, collègues, etc...Mais les objets concrets, eux aussi, peuvent offrir des possibilités de s'identifier, de retrouver des facettes de soi-même, appréciées ou non; de reconnaitre des dimensions de soi-même dans des choix de formes ou de couleurs; de sentir si oui ou non, l'objet réalisé vient nous représenter et nous signifier, que cela soit dans une dimension esthétique ou dans une dimension signifiante, porteuse d'un sens qui nous révèle à nous-même. Enfin, la notion d'identification se pose aussi autour des notions d'identité sexuée, culturelle, raciale.


Quelques questions à se poser:


  • Quelles opportunités d'identification existent et sont offertes aux participants?
  • Quelles sont les opportunités de réalisation, de performance unique et individuelle, permettant de se différencier?
  • Est-ce que le résultat a une fin en soi? Dans quelle mesure cette fin ou le produit final facilite l'identification?
  • Quelles sont les opportunités pour négocier l'image de soi et les distorsions de cette dernière?
  • En termes d'identification sexuelle: Est-ce que la connotation sexuelle de l'activité concernant la masculinité ou la féminité dans le contexte culturel? Pour les objets, les actions, les mouvements utilisés?



Sentiment de valeur et valorisation

Les termes de valorisation, de sentiment de valeur, reviennent souvent, y compris dans la bouche des élèves n'ayant pourtant que peu été en contact avec les patients. Souvent, l'idée que l'on se fait du besoin de valorisation des patients est fortement étayée par notre propre besoin, humain, de reconnaissance, de sentiment d'utilité, de sentiment de valeur personnel. La notion de valorisation s'adresse au sentiment de valeur, plutôt au sens du narcissisme secondaire et concerne plus souvent, les personnes névrotiques ou état-limites. Mais nous ne devons pas pour autant ne pas en tenir compte pour les patient psychotiques, même s'ils ne sont pas toujours dans cette démarche de recherche d'un sentiment de valeur, tout simplement parce qu'ils ne s'identifient pas toujours comme des individus, clairement identifiés et séparés des autres. Il est donc important de savoir si ce processus thérapeutique de valorisation va être possible à travers cette activité. (voir sentiment de valeur)


Nous pouvons en particulier nous demander:

  • Quelles sont les possibilités de satisfaction personnelle? A travers la matière? La technique? L'objet fini?
  • Quelles sont les possibilités de reconnaissance à travers l'image renvoyée aux autres personnes?
  • Quelle est la nature et l'étendue des opportunités créatrices?
  • Est-ce que le produit fini est un résultat correct? A-t-il une valeur monétaire?
  • Est-ce que l'évaluation de l'objet passe par une comparaison (modèle) ou par le ressenti personnel (moche mais significatif, expressif)



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