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Expériences créatives et projectives

Expériences créatives et projectives Zoom sur Expériences créatives et projectives




Paul Klee dans son Journal, disait que la couleur est ce qui permet
d'amener au plus près du "c½ur des choses"







Les expériences de créativité et de projection sont reliées. En effet, pour favoriser la créativité et la projection, il faut des matières suffisamment malléables et "floues", une animation non directive et entrer dans les domaines du lâcher prise, du jeu et de l'improvisation. Ces deux expériences peuvent conduire soit à la sublimation , mécanisme de défense de haut niveau, où amorcer la voie de l'élaboration psychique.


Expérience de la créativité

Proposer à des personnes d'expérimenter leurs capacités créatives est souvent salué de la phrase "ah non, moi je ne sais pas créer". Savoir et création dans la même phrase sont plutôt antinomiques, mais il est inutile de dire à la personne que tout le monde peut se révéler potentiellement créatif, elle ne vous croira pas. La notion même de création fait peur et même le terme de créativité est source d'inquiétude. L'angoisse n'est pas que de la feuille blanche mais envahit rapidement tout l'espace potentiel de création que l'on peut ouvrir à des patients.

La création ou même la créativité pose la question de la nécessité ou non d'un apprentissage. Souvent les personnes ont le sentiment de ne pas oser, de ne pas savoir créer. Les processus d’apprentissage de technique sont nécessaires pour pouvoir se libérer de la contrainte technique et pouvoir ensuite créer aisément. Toutefois, si cette dimension technique n’est pas acquise avant la thérapie, il semble difficile d’essayer de chercher à la développer, sans tomber dans le risque d’un enseignement, d’une pédagogie de l’art qui assèche le processus créatif au profit du savoir technique. Si le ou la thérapeute en a les possibilités et surtout le temps, en termes de temps de séjour, la thérapie peut s’organiser autour d’un apprentissage technique, de visites d’expositions ou de mises en place d’expositions issues de l’atelier. Dans ce cas, l’objectif n’est plus le même et le cadre, la façon d’animer seront toutes autres. L’accent sera plus mis sur l’½uvre dans une visée esthétique que sur la verbalisation qui en découle. L’½uvre devient le but et non plus un moyen d'expression.

L'établissement d'un cadre spatial favorisant la création, avec des zones de "chaos" et des zones de vide, est nécessaire à l'utilisation de médiations créatives. L'utilisation de techniques simples va permettre de contourner le problème de l'apprentissage technique.
Les personnes dépressives, les personnes souffrant de névrose hystérique, les personnes souffrant de troubles alimentaires ou addictifs, peuvent bénéficier de cette dimension. La découverte ou la redécouverte de ses possibilité créatrices pour une personne peut donc passer par une technique déjà connue et pratiquée ou passer par une technique simple sans apprentissage.Ouvrir une aire de jeu où les personnes peuvent se permettre de régresser, d’être authentiques, où même de ne rien faire, va favoriser les retrouvailles avec le processus de création contenu en chaque personne.

La création ou la créativité ne sont pas des expériences qui sont naturelles à toute personne. Proposer de créer à des patients nécessite donc de mettre en place un cadre rassurant, adapté et de savoir créer des conditions pour que les personnes puissent jouer avec les matériaux, s'autoriser à sortir du modèle et du bien faire. C'est le droit de faire des taches, l'autorisation de ne rien faire, la découverte de la surprise et de l'imprévisible, qui vont offrir aux personnes des expériences leur permettant d'oser être elles-mêmes. Elles pourront ainsi intégrer en elles-mêmes, les dimensions de leur être qu'elles jugeaient peut-être négatives, à gommer ou à cacher, celles que souvent le modèle social (et les modèles concrets) tendent à effacer au profit d'une esthétique ou d'une norme sociale rassurante. Éprouver que ces parties cachées peuvent avoir du sens, est une expérience que nous pouvons proposer à nos patients pour qu'ils puissent les tolérer.

Mais la création peut aussi permettre de mettre en lumière des dimensions positives, des ressources et des capacités que la personne elle-même ignorait peut-être. La création peut offrir une voie de métamorphose de soi-même par la sublimation (voir sublimation dans mécanismes de défenses et création dans les processus thérapeutiques). La véritable création au sens de l’artiste, ne s’organise pas selon un horaire précis, dans un lieu particulier et dans un cadre thérapeutique. Il est plus légitime de parler de créativité. Toutefois, il est possible que, parfois, surgissent pour des personnes de véritables capacités artistiques. Mais même sans ce prolongement, assez rare, de la thérapie, retrouver des possibilités de vivre de façon créative est déjà fondamental. Il est clair que l’émergence du processus de créativité, sa restauration, sa découverte, son réveil, sera très variable selon les personnes.


Quelques questions à se poser:


  • Dans quelle mesure l'objet est tributaire des stimulis internes, de la pensée créatrice ou au contraire de la prévision ou du contrôle?
  • Quelles sont la nature et les caractéristiques offertes pour l'invention, la modification, l'appropriation personnelle, la liberté d'improvisation?
  • Quelles sont la nature et l'étendue des limites externes et du contrôle nécessaire?
  • Dans quelle mesure la technique inhibe ou contrôle la créativité?
  • Dans quelles mesures la nature des équipements ou du matériel permet la créativité?
  • Dans quelle mesure le processus reflète la représentation ou la "reproductivité" plutôt que la créativité?



Expériences projectives

Le processus créatif va favoriser l’expression des contenus psychiques, souvent inconscients, sous un autre mode que celui de la pensée habituelle ou de la parole, à travers le processus de projection. C'est dans l'espace intermédiaire, héritier de l'espace transitionnel de Winnicott, que vont pouvoir jouer et se re-jouer des éléments personnels issus de l'espace psychique du patient, des éléments intra-psychiques inconscients qui vont être mis à l'extérieur et permettre des expériences dites projectives. (voir inconscient et ergothérapie)

La projection est un mouvement du dedans de soi vers le dehors. C'est un processus de défense décrit par Freud. Ces expériences ne sont pas à confondre avec les tests projectifs, proposée par les psychologues, dans l'intention de permettre à l’inconscient de la personne de s'exprimer dans des objets déjà faits. Par exemple le test de Rorschach qui est un ensemble de planches déjà dessinées et sur lesquelles le patient peut projeter des éléments psychiques, va être utilisé à visée de diagnostic, avec des critères de cotation. Cette dimension de la projection intéresse les personnes névrosées, dépressives, hystériques, anorexiques, alcooliques et même psychotiques, mais de différentes façons. La projection peut se réaliser dans toute situation. Toutefois, plus les activités sont créatives, libres d'apprentissage et de modèles, plus l'inconscient de la personne pourra se projeter dans la matière ou l'objet, voir même dans les gestes et les façons de faire. Plus il y a de modèles ou d'apprentissage technique, long, complexe, contraignant, moins il y aura de projection de la dimension inconsciente de la personne. Plus il y a de modèles, moins il y a de "soi-même"...


Les techniques projectives vont permettre de mettre à l'extérieur de soi des éléments pulsionnels et intra-psychiques, de mettre en formes, en représentation. Ces mouvements d'expression favoriseront en retour, des transformations, des intériorisations, des identifications, des retours dans le psychisme (introjection). La création ou la créativité libre et sans modèle, sont des voies de découvertes de la fonction de symbolisation pour favoriser la conscience que ce qui se joue, se dit, se crée a du sens. La dimension projective est donc plus aisée lors de l'utilisation de techniques créatives et libres, mais dans toute activité l'inconscient est à l’½uvre et se projette. Tous les choix de couleur, de matière, les façons d'être de et de faire, les réactions sont marquées par le sceau de l'inconscient, présent partout. Toute activité est donc potentiellement porteuse de sens et source de découvertes sur soi-même, grâce à ce détour par l'extérieur dans la matière et l'objet.
(voir projection et introjection dans processus thérapeutiques)


Quelques questions pour développer cette notion:


  • L'activité offre-t-elle des opportunités pour l'expression d'émotions et d'idées?
  • Quels symboles sont inhérents à la procédure, au matériel, à la technique et à l'objet?
  • Quels sentiments inconscients, besoins, pulsions sont représentés ou symbolisés à travers les outils, les équipements les mouvements, les actions...
  • Quel est le potentiel d'association de l'activité?




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