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Relaxation active

La technique active retenue pour la première moitié de la séance se compose essentiellement de techniques d'auto-massages et de mouvements lents et doux. Elle se réfère plus aux référents psycho-dynamiques (D.Anzieu et le Moi-peau) et aux références des techniques asiatiques. Cette relaxation active peut être proposée comme un début de séance ou comme une séance en soi. Elle peut, selon les populations et les attentes, être nommée relaxation active ou gymnastique douce. Il est possible de parler de gym douce s'il s'agit de la pratiquer sous un angle plus tonique. Elle peut alors se présenter comme un ensemble d'auto-massages rapides et toniques, suivis de mouvements plus actifs de chaque articulation, en position debout. Les exercices restent alors les mêmes mais c'est le rythme et la position pour les réaliser, qui vont changer. En position allongée et avec un rythme plus ralenti, elle redevient alors de la relaxation active...une légère nuance de vocabulaire mais importante pour les participants dont l'intention sera de bouger ou de se relâcher. Les attentes ne seront pas les mêmes.

Il est clairement précisé que la relaxation active proposée est une intégration de diverses autres pratiques. En effet, la notion d’une référence extérieure souligne la nécessité d’une règle à laquelle se réfère la thérapeute. C'est la dimension tripartite retrouvée dans chaque thérapie, liée à l'inscription dans le registre de la loi. Même si la technique utilisée est toujours personnalisée, il est fondamental que le patient sache que cela ne vient pas que d'une seule personne et qu'il y a eu une transmission de la technique. Il est important aussi que les patients puissent retrouver cette méthode ou des techniques approchantes, dans d’autres lieux et avec d’autres thérapeutes ou animateurs. C'est pour cette raison qu'à intervalles réguliers, le nom de ces techniques est cité durant la séance pour indiquer l'origine de tel ou tel exercice, de telle ou telle intention.



L’intérêt des pratiques
La technique d'auto-massages proposée est une simplification de plusieurs techniques d'auto-massages d’origine orientale : massages Gi Gong (Chine), le Do In et le Shiatsu (Japon). Elles sont simplifiées, mais respectées dans l'esprit c'est à dire que la technique d'auto-massage proposée donne un fil conducteur, un certain ordre, pour le massage progressif de tout le corps. Certaines zones sont plus sensibles que d'autres aux tensions d'origine psychosomatique et peuvent être soulignées comme telles. Ces techniques orientales ont été retenues, tout d'abord, parce qu'elles sont très efficaces. Ensuite parce qu'elles allient un travail actif à une stimulation des sensations extéroceptives et à une intériorisation progressive des sensations ainsi éveillées. Elles offrent des métaphores énergétiques multiples, venant faire écho très aisément au concept de la libido. De plus, cette vision du corps, imagée et symbolique sait se faire paradoxalement, proche d'un langage simple pour le patient. Des termes tel que circulation d'énergie, blocage énergétique, etc…parlent facilement aux personnes.

L'un des principaux concepts développé par D.Anzieu est celui du moi-peau permettant de comprendre comment s'installe progressivement un sentiment d'existence distingué, sécurisé et permettant l'existence d'une enveloppe physique puis une enveloppe psychique personnelle. Ce moi peau a des fonctions particulières et en thérapie corporelle, la plupart de ces fonctions sont importantes à connaitre pour pouvoir analyser ce qui se passe en thérapie et surtout en thérapie psycho-corporelle. La conceptualisation de D.Anzieu nous permet donc de mettre des mots sur le travail proposé en auto-massage chinois, en termes d’étayage et de réactivation de la fonction contenante. Les auto-massages de la peau permettent, de façon analogique, de renforcer la notion de contenance psychique et de travailler les 8 fonctions du moi peau, à des degrés divers. Dans le contenant psychique ainsi sécurisé, il reste à faire émerger l’imaginaire personnel de chaque personne. Puis il reste enfin à soutenir la personne dans sa capacité à faire du lien et à découvrir sa fonction de symbolisation, quand cela est possible.

En termes de sensorialité nous pouvons donc souligner que c'est la dimension extéroceptive qui est stimulée du côté des auto-massages. Ces derniers vont être très pertinents pour toutes les personnes, mais ceux qui ont un canal sensoriel tactile très éveillé et dominant, l'apprécieront encore plus.  La dimension proprioceptive sera quant à elle, plus stimulée lors du travail des mouvements lents, mobilisant les capteurs internes qui indiquant les positions articulaires. Les personnes dont le canal kinesthésique est dominant, qui apprécient de bouger ou qui ont besoin de mobiliser le corps pour mieux éprouver des sensations, apprécient cette partie de mobilisation. Certains patients ayant des difficultés à ressentir leur corps, doivent parfois bouger plus vite voire faire des étirements actifs et vigoureux pour mieux sentir. Ce travail du mouvement aboutit alors à un temps de lâcher prise, permettant de découvrir aussi l'alternance de contraction et décontraction musculaire, telle que le propose par exemple, la méthode Martenot (relaxation active dérivée de Jacobson). Cette ré-activation de la sensorialité vise aussi à favoriser l'inscription en soi des traces sensorielles, une autre fonction du Moi-peau.

Certains patients ayant vécus des traumatismes d’origine sexuelle peuvent toutefois ne pas supporter cette dimension du toucher. C'est l'une des raisons clinique qui justifie que les mouvements lents ont été ajoutés à cette pratique dite de relaxation active. Ces mouvements lents sont issus de pratiques telles que le gi gong (gym chinoise), l'eutonie de Gerda Alexander ou encore la MLC (mouvement de libération des cuirasses musculaires). La séance propose donc une alternance d'auto-massages et de mouvements des différentes parties du corps.

Lors des massages ou de mouvements, les différentes parties du corps sont nommées, ainsi que les articulations. Il est également important de donner des points de repères spatiaux tels que le haut, le bas, la gauche, la droite mais mais aussi les faces internes et externes. Ces informations vont permettre un travail sur le schéma corporel qui est à distinguer de l'image inconsciente du corps, qui sera elle, plus activée, lors de l'hypno-relaxation. Cette meilleure intégration du schéma corporel sera pertinente surtout pour des personnes psychotiques. Lors des mouvement, par exemple, les participants sont donc invités à les mobiliser en écoutant ce que cela procure comme ressentis corporels, images ou même pensées.



Les étapes chronologiques
Pour proposer une structure durant la séance, structure qui va permettre une ritualisation et donc un ancrage de la méthode, il est nécessaire de s'appuyer sur une sorte de logique, permettant de construire une ligne conductrice. Cette logique peut être spatiale (descendre ou monter au niveau des différentes zones du corps) ou énergétique (fluidifier, ressentir, tonifier, ralentir). Avant de trouver cette ligne conductrice, il a fallu du temps et aussi s'appuyer sur des lignes conductrices existantes, afin de les tester et de pouvoir retenir les plus parlantes et pertinentes pour les patients.

Les techniques orientales précitées, alliant massages et mouvements, sont organisées autour d’une logique énergétique, intentionnelle et articulée en 4 principales étapes: auto-massages pour mieux distinguer les zones en excès ou déficit d'énergie, tonifications par vibrations pour récupérer de l'énergie, concentration de cette énergie dans le Hara (centre d'énergie situé non loin du centre de gravité) et mobilisation de cette énergie dans une boucle circulaire visualisée (orbite microcosmique). Toujours dans la "logique" asiatique basée sur les méridiens acupuncture, un certain sens de massage est proposé: descendre à l'arrière et sur le côté du corps et remonter en avant. Une autre vision, propose de regarder le corps sous l'angle d'une zone haute (tête), médiane (bras et cage thoracique) et basse (bas du corps), correspondant à la zone du ciel, de l'homme et de la terre. Enfin, trois centres énergétiques particuliers nommés "réchauffeurs" proposent l'idée que dans ces lieux particuliers, l'énergie pourrait se concentrer.(voir énergie et libido).

Nous avons déjà dit que cette philosophie asiatique ne pouvait pas être proposée comme telle, pour des raisons de culture différentes et des problèmes de croyances. Entrer dans une explication précise de cette philosophie, ou d'une autre d'ailleurs, risque de faire basculer une pratique corporelle dans le domaine d'une croyance alors qu'il est plutôt question de métaphore. Les patients psychotiques sont très sensibles à ce type de pensée magique et avec bon nombre d'entre eux, j'ai pu échanger dans des domaines ésotériques, philosophiques ou spirituels qui sont des terrains très mouvants pour des thérapeutes. Il a donc fallu s'appuyer sur une autre logique pour proposer des étapes progressives, un peu plus pragmatiques pour les occidentaux que nous sommes, dans la séance, tout en gardant quelques grandes lignes conductrices issues des techniques asiatiques. 

Des étapes ont donc été progressivement établies.Les auto-massages sont pratiqués en priorité, suivi d'un temps d'écoute de leur effet. Viennent ensuite les mouvements, avec des expériences de contraction-décontraction, permettant l'expérience du lâcher prise, qui s'achèvent également par un temps d'écoute de ce qui a été modifié dans le ressenti corporel. Une autre structure est lisible dans l'ordre de massage:

  • Le travail de la zone haute (crane, visage, gorge, nuque) est proposé en premier, généralement en position assise.
  • Le travail des deux côtés du corps, en position allongée sur le côté. Cette étape propose d'explorer le bras, puis la zone entre épaule et hanche et enfin la jambe. Le sens de massages des membres peut être pratiqué à la manière chinoise ou d'une autre façon.
  • Le travail du dos se pratique en position assise avec un boulier de massage ou debout pour masser le dos avec une balle à picots ou bien encore allongé avec des massages contre le sol et des ondulations de colonne vertébrale. Cette partie intègre ensuite des mouvements de prise de conscience de la colonne vertébrale, de ses courbures, de sa solidité. Le travail du dos permet de réunir les deux côtés du corps qui ont été massés et mobilisés.
  • Le travail de l'avant du corps va permettre lui aussi, d'unifier les sensations entre les deux côtés du corps. Lors de cette étape, la conscience des trois réchauffeurs chinois (zone du c½ur, du plexus solaire et du centre de gravité) peut permettre d'offrir un travail de ces trois zones, en associant chaleur et massage, mouvement et surtout un travail sur la respiration, préparant le travail en hypno-relaxation.




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