DECOUVERTESA ne pas manquer !!!!!Schizo-quoi? Exposition virtuelleErgo et sommeilA lire, à découvrirDes sites à visiter COTE CORPSEnregistrements séancesUne pratique intégrativeModalités et indicationsProcessus thérapeutiquesHypnose et douleurLa pleine consciencePENSER SA PRATIQUEEtre ergo en psyGRESM et livre blancMéditations personnellesModèles conceptuelsSoin/thérapie psychique Côté psycho-dynamiqueModèles en ergothérapie ENSEIGNEMENT Enseigner l'ergo en psyCours IFE NancyMétaphores scolairesMémoiresMémoires ergos Mémoires ergos psychoseQuestionnaires ergoDISPOSITIF THERAPEUTIQUEPourquoi et comment? Relation thérapeutiqueCadre thérapeutique Activités et médiationsAnalyses réflexivesAnalyses de pratiques Analyse d'activitésAnalyse d'ateliersStructurer la thérapieDispositif institutionnelProcessus d'interventionDonner du sens Objectifs ou processus? Co-construire des objectifsProcessus thérapeutiquesCLINIQUEHistoires ou cas cliniques?Structures et personnalitésPathologiesAu cinémaEn addictologieLettre oubliée Addictologie et ETPAtelier d'écriture Obésité et TCAEn chirurgie bariatriqueArticle ETPDES PRATIQUESJouer Cadre et analysesExpression Des squigglesCompétencesEmotionsAutonomie Jeu de la maisonWebinaire ANFE 2021Vivre ses émotionsThéories Des pratiques en PsyRéhabilitationGroupe Autonomie-Projets Description et évolutionPetites histoiresGroupe ressourcesDeltamorphosesEn milieu ferméUn espace thérapeutiqueHistoire d'espacesFORMATIONS Formations JEUX Formation EMOTIONSAutres professionnels
Information

Ce site est en constante évolution et lorsque des articles sont en travail, ils sont signalés en début de page....




Accueil » Groupe Autonomie-Projets » Petites histoires

Agoraphobie or not?

Agoraphobie or not? Zoom sur Agoraphobie or not?

L'articulation entre les séances du groupe "Autonomie et projets" est parfois clairement lisible, parfois moins. Dans tous les cas, l'intégration pour les patients, de ce qui se passe, nécessite du temps, beaucoup de temps...En termes d'organisation, par exemple de sorties, parfois plusieurs séances sont nécessaires pour choisir, puis préparer, puis réaliser. Voici un exemple qui vise à mettre en lumière comment les séances s'articulent, en fonction des besoins et demandes des patients. Il ne s'agit pas d'avoir des intentions toutes faites ou des protocoles prévus à l'avance, mais de trouver des pistes de travail au fil des vécus des séances. Bien sûr, cela demande un peu plus de temps de préparation et d'inventivité. Mais les étudiants sont plein d'idées...





Séance 1
Une séance sur le jeu des loisirs, choisi par les patients lors d'une séance du groupe AP, permet de reparler des loisirs de chacun, des désirs de vélo de l'un, du plaisir du ping-pong ou des échecs des autres. Une fois ce jeu terminé, lorsque nous évoquons la séance suivante, l'un des participants propose alors de réaliser quelque chose autour du loisir ensemble. Une discussion met en évidence un projet commun: le bowling. Cette éventualité semble convenir à la majorité et elle est donc validée. Pour une fois, tout le monde s'inscrit à cette sortie. Les sorties, en effet, contrairement aux séances en salle, donnent lieu à des inscriptions et les patients ont donc le choix de ne pas venir si la sortie ne leur convient pas.


Séance 2
La mise en place de la sortie se déroule lors de la séance suivante et nous découvrons alors que l'un d'entre eux a déjà téléphoné pour connaitre les horaires. Nous prenons le temps de regarder les tarifs, de nous demander qui va payer quoi (institution ou patients) en sachant que, le plus souvent l'institution prend en charge les transports et l'activité et que le repas est à la charge des patients. Le choix se porte sur MacDo car les menus du bowling ne plaisent pas à tous et à toutes...Nous en profitons pour parler de diététique alimentaire car certains patients se plaignent de grossir à cause de leur traitement et constatent que, finalement, leur habitudes alimentaires peuvent contribuer aussi à cet état de fait. Je rappelle qu'il y a des salades à Mac Do, mais cela ne rencontre pas un enthousiasme massif...


Séance 3
La sortie bowling se déroule bien, du moins en apparence, entre jeu et hamburgers. Les discussions oscillent entre la pluie et le beau temps, les changements de bus et la nouvelle méthode de commande chez MacDo. Le lendemain, nous apprenons qu'une patiente a fait une crise d'angoisse en revenant, en lien avec le sentiment d'avoir été confrontée au regard des personnes dans la rue. Durant la sortie, rien ne nous était apparu et elle ne nous avait rien dit non plus.


Séance 4
Nous revenons donc sur ce qui s'est passé après la séance 3  la semaine suivante. Les autres participants confirment cette difficulté qu'ils semblent ressentir tous, à des degrés différents. Nous proposons donc de réaliser la semaine prochaine, une séance autour de ce sujet, à savoir l'agoraphobie, du moins c'est ainsi que la jeune femme ayant eu la crise d'angoisse, nomme cela. 

Après les moments de débriefing de la semaine de chacun des participants et l'éventuelle préparation d'une sortie, il reste souvent du temps. Pour permettre de créer du lien entre les participants, de petits jeux brefs sont possibles. Dans ce cas, c'est le jeu des naufragés qui a été intégré dans la séance, jeu où il s'agit d'imaginer avec de petits objets tirés d'une boite, ce que nous pourrions bien en faire pour survivre sur une île imaginaire. Depuis que les émissions de TV existent autour de ce sujet, les patients ont tendance à accrocher leur imaginaire sur cela, mais cela n’empêche pas de pouvoir jouer, projeter et imaginer des solutions de façon collective, fussent-elles improbables...


Séance 5
Cette séance a donc été préparée par un stagiaire de 3ème année, Adrien Canon, pour être proposée aux patients. Un travail de recherche d'informations a donc été fait par cet étudiant, en amont de la séance. Il a permis de recueillir des informations sur ce trouble, sa définition, ses limites et les traitements possibles. Il ne s'agissait en aucun cas de faire un cours aux patients sur ce trouble, mais d'être au clair de notre côté.

Durant la séance, l'animation proposée a été de type ETP, c'est à dire partant des savoirs des patients, de leurs ressentis, de leurs histoires, de leur interrogations. Globalement, la séance a permis aux deux personnes qui pensaient être atteintes de ce trouble, de constater pour l'un qu'il s'agissait d'un réel diagnostic ancien et que son trouble s'était amendé progressivement grâce a des sorties accompagnées et, pour l'autre, qu'il s'agissait d'un mot prononcé par un proche. Cette dernière, la jeune femme qui avait fait une crise d'angoisse après la sortie bowling, a donc été invitée a en parler avec son médecin pour préciser avec lui s'il était réellement question d'un tel trouble ou pas.

Une fois la distinction entre un trouble phobique et un sentiment d'insécurité réalisée, l'échange a pu se prolonger, en dérivant lentement vers un travail autour du regard de l'autre, autour des stratégies proposées par chacun et chacune. Il a été fructueux et intéressant. Des pistes proposées par des thérapeutes ont été évoquées par l'étudiant et soumises à l'analyse des patients. Il reste important que ces pistes thérapeutiques viennent s'inscrire comme des possibilités et pas des injonctions, qui ne sont, de toute façon, pas toujours suivies...

La conclusion de cette séance a été qu'une excellente stratégie était la confrontation à ses propres peurs (stratégie du groupe) faisant écho aux stratégies d'immersion proposées par des thérapeutes en cas de phobie (avec échelle d'angoisse et techniques de respiration). Et plutôt qu'une tentative "sérieuse" et de type thérapeutique, qui de toute façon n'avait pas sa place puisque nous n'étions pas dans un cadre de soin psychique, le groupe a décidé d'aller "s'immerger"...à la foire attractive!


Séance 6
La semaine suivante, une sortie foire a donc eu lieu, au grand plaisir de tous les participants et participantes. "L'immersion" aura été un succès et le constat de toutes les personnes mettra en évidence que le plaisir a permis de passer outre la peur du regard de l'autre. La jeune femme dont la crise d'angoisse avait été à l’origine de ce travail a fort bien supporté cette sortie, plus sécurisée dans un groupe qu'elle connaissait un peu mieux et préparée par la séance de mise en mots préalable. L'agoraphobie a quitté le champ de ses mots, dans la parole du psychiatre qui a confirmé qu'il ne s'agissait pas de cela et surtout, dans son vécu de la sortie foire, entre un bracelet gagné à un jeu et un délicieux nougat, comme consolation orale...






| |
Ergopsy - 2015
Infos légales