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Accueil » C'est quoi le PEO? » Au coeur du soin

Personne-occupation-environnement

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Nous avons toutes et tous en tête l'idée que la personne que nous accompagnons ne doit plus être un "objet passif de soins". Et la notion de rétablissement, qui nous vient des bénéficiaires eux-mêmes, souligne une nouvelle posture du soin. 

Mais qu'est ce qui vient inscrire notre identité d'ergothérapeutes dans cette nouvelle vision du soin? Qu'est ce qui nous distingue des autres thérapeutes qui sont tout à fait en droit, comme nous, d'utiliser des activités thérapeutiques, d'accompagner vers l'autonomie ou encore de se questionner sur l'inclusion sociétale? 

Le PEO me semble être une piste...En tout cas il en a été une pour moi, grâce à nos échanges avec des collègues du Gresm.



Néanmoins, je n'ai pas pu modifier tout mon site en mode PEO. Cela m'aurait demandé trop de travail et je souhaite laisser le témoignage de la dimension d'une pratique qui prend en compte la dimension psychique ET intra-psychique. Je laisse aux générations de jeunes ergothérapeutes le soin de faire des liens et des ponts, pour que les concepts du psychisme restent présents et ancrés dans toutes nos pratiques, dans une compréhension transversale de la santé mentale, y compris en soins somatiques et fonctionnels. J'en suis donc restée au PEO de l'ergothérapeute...

C'est quoi le PEO? 
Il s'agit d'un modèle conceptuel utilisé en ergothérapie pour comprendre et analyser la participation occupationnelle d’une personne. Ce modèle repose sur l'idée que le bien-être et la performance, dépendent de l'interaction dynamique entre 3 pôles: personne-occupations-environnement. 

Le modèle initial du PEO date de 1996 et a été décrit par: Law, M., Cooper, B., Strong, S., Stewart, D., Rigby, P., & Letts, L. (1996). The Person-Environment-Occupation Model: A Transactive Approach to Occupational Performance. Canadian Journal of Occupational Therapy, 63(1), 9–23.

Le modèle du PEOP qui met la performance au coeur du schéma est arrivé ensuite. Il est décrit par  Margot-Cattin I. (2024) dans un chapitre sur le modèle PEOP dans Les modèles conceptuels en ergothérapie (De Boeck / Louvain-la-Neuve). L'un des points essentiels du PEOP à retenir est la notion de transactionalité: Il considère les interactions réciproques entre personne, environnement, occupation et performance et non comme de simples relations unidirectionnelles. 

Selon les différents modèles utilisant ce schéma, les trois pôles sont décrits de façon variée:  
  • Personne: caractéristiques intrinsèques (capacités physiques, cognitives, psychologiques, émotionnelles, valeurs, rôles, motivation, Âge, expérience, santé...
  • Environnement : contexte physique (logement, accessibilité, matériel), social (famille, amis, collègues), culturel, institutionnel, économique (normes, lois école, travail...) 
  • Occupation :activités de vie quotidienne, productives, loisirs, repos,  activités signifiantes et/ou significatives que la personne veut ou doit faire, dark occupations...
Enfin, une autre utilisation des trois sphères du PEO et leurs interactions, pourrait devenir un schéma organisateur. Elles pourraient être considérées comme une base commune à toutes et tous les ergothérapeutes, pour nous permettre de donner une vision commune à toutes nos pratiques. C'est en tout cas ce qui s'est passé dans le Gresm (groupe de réflexion sur l'ergothérapie et la santé mentale). 


Un effet de sens 
Dans le groupe du Gresm, le PEO nous a permis, progressivement d'unifier des visions parfois très éloignées les unes des autres, pour aboutir à une position intégrative entre plusieurs modèles. La notion de PEO, non pas comme un modèle, mais plutôt comme une structure à penser, s'est imposée dans plusieurs groupes: 
  • Le tout premier groupe a été le groupe communication lors de la création de trois posters, dont un sur le PEO, sur lequel chaque ergothérapeute a pu mettre les mots importants pour elle. 
  • Le second groupe a été le groupe outil, se proposant de créer un bilan d'ergothérapie avec trois étapes possibles en fonction des besoins : un photolangage sur la représentation que la personne a de l'autonomie et de SON autonomie, une partie d'auto et d'hétero-bilan plus classique mais sous la forme POE (personne-occupation-environnemet) et une étape avec 2 schémas des trois cercles du PEO, l'un sur les ressources et l'autres sur les difficultés, qui peut donner à la personne une sorte de synthèse du travail fait ensemble
  • Le troisième groupe est le groupe ouvrage qui se propose d'aller vers une écriture collective et inclusive, d'un ouvrage sur l'ergothérapie et la transversalité de la santé mentale, avec trois grands chapitres PEO. 

LA PERSONNE: L'humain dans toutes ses dimensions
En ce qui concerne la personne, qu'il s'agisse de se référer au PEO, au fait d'être personne centrée ou encore dans une démarche holistique, nous avons donc à coeur de prendre en compte toutes les dimensions de la personne
  • la dimension biologique, au sens du corporel, du fonctionnel, du physiologique, du somatique mais aussi du lien entre le corps et le psychisme (psychosomatique), du prendre soin de soi
  • La dimension cognitive, qui engage les cognitions simples et complexes, les fonctions exécutives, le cerveau, la dimension réflexive au sens d'une compréhension rationnelle. 
  • la dimension psychique,au sens du psycho-affectif, des émotions, des affects, des processus de construction identitaire, des processus intra-psychiques, de l’intérêt porté à l'inconscient. 
  • La dimension sociale, relationnelle, comportementale, celle du lien et du rapport avec autrui et plus largement les autres, la société et le monde
Toutes ces facettes sont engagées dans ce que l'humain fait, lorsqu'il agit, pense, réalise des œuvres ou pratique des AVQ. Ces facettes sont intriquées, imbriquées et nécessitent de trouver un équilibre pour pouvoir permettre à la personne de se sentir dans un état de satisfaction. Selon la facette que la personne va vouloir ou pouvoir travailler, selon la facette que nous allons privilégier, selon la facette qui sera nécessaire à mettre en valeur, réparer, soutenir, nous n'allons pas avoir les mêmes objectifs, engager les mêmes actions et outils thérapeutiques. De la même façon, selon l'angle privilégié selon lequel nous allons nous engager dans la relation avec la personne, nous ne prendrons pas soin de la personne de la même façon, nous ne favoriserons pas les mêmes processus de thérapie s'il s'agit de prévention primaire, de soins psychiques précoces ou de réhabilitation psycho-sociale. 

Nous entrons dans une période où il nous est demandé de faire alliance avec les personnes en souffrance psychique, de leur demander leur avis sur le chois des outils de thérapie, de les consulter sur l'orientation de leurs soins, et tout cela est très bien. Nous entrons aussi dans une période où nous devons cesser d'être dans une vision trop bio-médicale, trop clinique, exclusivement centrée sur les symptômes pour ne pas rester dans une position haute de soignant qui va gérer les signes clinique de la personne pour les en débarrasser. Nous somme dans une période où les auto-soins fleurissent un peu partout, où les personnes deviennent de plus en plus responsables de leurs évolution, sans les rendre responsables, au passage, de leurs troubles.

Oui mais la psycho-pathologie, et notamment la notion de structure psychotique, nous enseigne que si nous proposons à une personne de tout décider, que si nous la mettons dans la position de "devoir" s'autonomiser, même avec les meilleures intentions du monde, nous risquons de précipiter ces patients vers de grandes angoisses identitaires psychotiques...Je vous invite à lire une méditation, certes un peu provocante pour nous ergos, sur la notion de vouloir rendre l'autre autonome, dans Cairn. Ce texte nous invite à privilégier le soin plutôt que l'éducation, et à ne pas oublier que la structure psychique et le fonctionnement interne gagnent à être connus...un petit extrait: 

"Comment peut-on poser la question de la décision de l’utilisation de l’argent à des personnes sous tutelle et qui n’ont donc pas de liberté en la matière ou à des patients psychotiques dont on sait que le rapport à l’argent est profondément bouleversé ? Faut-il rappeler les thésaurisations folles, les dépenses incongrues, l’impossibilité de saisir l’équivalence symbolique argent-travail, comme symptômes de ce bouleversement ? Comment peut-on imaginer que les réponses apportées, s’il y en a, reflètent la satisfaction des usagers, quand on sait par exemple que le simple fait de questionner une personne psychotique peut être ressenti par elle comme une véritable vidange de l’intériorité psychique, quand on sait combien d’usagers sont dans une telle dépendance psychique qu’ils donneront la réponse qu’ils pensent attendue par celui qui les questionne, quand on sait que le rapport à la réalité est profondément bouleversé dans les états autistiques et psychotiques, et qu’ainsi poser la question des projets peut conduire à une réponse dictée par la logique d’un délire, et non par une satisfaction ou insatisfaction objective ?" Philippe Gabai (2013)


L'ENVIRONNEMENT
Nous pouvons envisager l'environnement sous différents angles:

Distinction entre environnement physique et social
Environnement physique 
  • Tout ce qui est matériel et spatial tel que le logement, le domicile, les lieux de travail ou d’études, les lieux publics, des institutions (hôpitaux, IME, EHPAD) Voir le jeu de la maison
  • Environnement technologique / virtuel qui est de plus en plus important (outils numérique, smartphones, ordinateurs, aides techniques, domotiques, télétravail, télésanté
Environnement social
  • C’est tout ce qui concerne les relations et les interactions humaines, tel que la famille, les ami.e.s, les proches, les aidants, les collègues, les soignants, les enseignants, tout le réseau social et de soutien de la personne. Cet environnement permet de se situer dans différents rôles sociaux
  • Environnement organisationnel : cet environnement est composé des règles et règlements, des lois, des structures politiques, normes 
  • Environnement culturel/spirituel : nous pouvons y trouver les différentes cultures, pratiques culturelles et spirituelles, qui peuvent conduire à différentes croyances, représentations du handicap, de la santé, de l’autonomie

Distinction entre environnement micro, méso et macro 
Environnement micro : Ce qui est le plus proche de la personne (famille, individu, ami.e.s, collègue), il s’agit d’une influence immédiate et souvent réciproque. C’est l’environnement sur lequel nous avons le plus de contrôle. 

Environnement méso : L’environnement intermédiaire, entre le micro et le macro. Cet environnement regroupe les institutions, entreprises, réseaux, structure, collectivités locales, partenariats…C’est l’environnement sur lequel nous avons une influence indirecte mais concrète. Il fait le lien entre les relations directes et les grandes forces globales. (voir 
cadre thérapeutique

Environnement macro : il s’agit de l’environnement large et général. Ces sont des facteurs sur lesquels a peu ou pas de contrôle. L’influence de cet environnement se situe sur du long terme. Des exemples : contexte politique, économique, socio-culturel, technologique, écologique, légal. Cet environnement fixe le cadre général dans lequel tout les reste évolue.


LES OCCUPATIONS: Activités, médiations, occupations?
Les termes de médiation et d'activités ne recouvrent pas tout à fait les mêmes réalités selon les lieux, les pratiques, les modèles conceptuels auxquels nous nous référons. Personnellement, je me sens plus proche du terme de médiation, au sens de quelque chose qui vient faire une médiation, un passage entre deux, entre monde interne et monde externe. La vision personnelle que je développe dans ce site est visible dans un article nommé activités ou médiations?

Les termes d'activités signifiantes et significatives ont émergé à travers le vocabulaire occupationnel et les étudiant.e.s ont un enseignement sur ces termes. Ces notions sont à explorer dans les modèles occupationnels en ergothérapie. Lorsque ces notions sont arrivées, j'ai tenté de m'adapter à ces notions, dans une dimension clairement psychique et j'ai donc travaillé sur la notion des expériences potentielles et signifiantes, proposées par les activités. Il s'agissait pour moi, d'une tentative de lecture qui puisse établir un pont entre ces nouveaux termes qui, dans le domaine du psychisme n'avait pas la même signification, en particulier le terme signifiant. J'ai donc divisées ces expériences potentiellement signifiants en 7 catégories signifiantes pour moi. (expériences potentielles)

Enfin, en ce qui concerne la notion d'occupation, Doris Pierce nous indique, dans son chapitre sur la description de la recherche en science de l’occupation, que « l’agir humain est un concept large, holistique, qu’aucune science n’a étudié en profondeur auparavant ». En soutenant la recherche autour des occupations humaines, elle a souhaité créer une base de données scientifiques pour la pratique de l’ergothérapie, soulignant que cette science n’est pas explorée que par des ergothérapeutes ou uniquement pour des ergothérapeutes. (Pierce, 2016).

Se référant à son propre livre (Pierce, 2001), elle donne une définition de l’occupation qui se situe à deux niveaux l’expérience individuelle et l’activité liée à une culture.
  • L’occupation à un niveau individuel vient comme une expérience « spécifique, individuelle, construite personnellement et qui ne se répète pas ». Elle parle d’un évènement subjectif dans des conditions particulières (spatiales, temporelles, socio-culturelles) et qui a un sens pour la personne.
  • L’activité est aussi, à un niveau social, « une idée véhiculée dans l’esprit des gens et dans leur langage culturel partagé ». Une activité s’inscrit comme une classe générale d’actions humaines, comme un ensemble d’expériences occupationnelles. « Une activité n’est pas vécue par une personne donnée, elle n’est pas observable dans une occurrence donnée et n’est pas située dans un contexte pleinement existant temporel, spatial et socio-culturel ». (Pierce, 2001)
Cette définition des occupation m'a permis de cesser de penser que les occupations humaines étaient uniquement des activités de vie quotidienne, intégrés dans différentes catégories occupationnelles, variables suivant les modèles occupationnels. J'ai pu commencer à intégrer cette notion d'occupation dans la mesure où les activités d'expression et de création, peuvent trouver leur place dans cette définition. (voir L’expression comme occupation et l’introspection comme outil thérapeutique : quels liens entre les deux ?)

Pierce, D. (2016). La science de l’occupation pour l’ergothérapie. Louvain La Neuve : De Boeck supérieur.
Pierce D. (2001). Occupation by design : dimensions, therapeutic power, and creative process. In : American Journal of Occupationnal Therapy, N°55, (pp 249-259).





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Article écrit en janvier 2026
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